Portrait de Guirec Soudée

Mis à jour le Friday, November 4, 2022
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À 30 ans à peine, Guirec a déjà acquis une solide expérience de la mer et une remarquable notoriété dans le monde maritime et de l’aventure sportive.

À 21 ans, le jeune breton entreprend un tour du monde à la voile par les 2 pôles, long de 5 ans, durant lequel il réalise un hivernage de 130 jours enfermé dans les glaces du Groenland sans assistance, sans communication, en autarcie complète.

Il passe ensuite plusieurs années à naviguer sur les différentes mers du globe et devient le plus jeune marin au monde à emprunter le passage du Nord-Ouest, avant de rejoindre le Cap Horn et le pôle Sud.

En 2021, il se lance un nouveau challenge : une double traversée de l’Atlantique à la rame en solitaire, d’Est en Ouest, puis d’Ouest en Est, toujours sans assistance.

Au total, Guirec aura passé plus de 670 jours seul (ou presque) en mer durant ses périples océaniques.

Portrait de Guirec Soudée

Guirec revient sur ses moments les plus marquants

Être bloqué dans les glaces pendant 130 jours.

« J’avais envie de vivre cette expérience incroyable : être bloqué dans une baie, loin de la civilisation et sans moyen de communication. C’était en 2015. Il n’y a pas eu de soleil pendant 70 jours, le mercure descendait parfois autour des -60°C, je ne mangeais que du riz ou des poissons que j’avais péchés. Mais je manquais de nourriture, de confort… J’avais l’impression d’avoir si peu et pourtant j’avais tout. Ça reste les moments les plus durs de ma vie et paradoxalement les plus beaux. En étant souvent à la limite en matière de sécurité, tout est amplifié : tu vis chaque instant à fond et tu te sens vivant comme jamais. »

Au coeur des mers du sud.

« Quand tu arrives dans les Quarantièmes Rugissants, comme en 2017, tu as vraiment l’impression de passer une frontière. Le bateau s’est couché plusieurs fois, a subi plein d’avaries… Tu finis par comprendre qu’il n’y a rien de bon à naviguer dans ces zones-là. Les conditions étaient tellement exécrables que le pilote automatique n’était pas assez réactif. Il fallait être à la barre non-stop. Et tu sais que si tu ne le fais pas, si tu baisses les bras, c’est fini. Tu es au bout de tes limites mais tu ne peux ni avoir peur, ni paniquer. Il faut toujours garder son sang-froid et ne jamais rien lâcher. C’est une question de survie ».

À la rame, face à une tempête tropicale.

« Lorsque je me suis élancé pour la transatlantique à la rame, j’ai lu le livre de Gérard d’Aboville, le premier à l’avoir réalisée en 1981. Cela m’a donné envie de revenir aussi, de ne pas me contenter d’une traversée. Il fallait d’abord convaincre ma femme qui était alors enceinte et j’avais envie de me confronter à des conditions plus dures qu’à l’aller où j’étais un peu resté sur ma faim. Et j’ai été servi. Dès le départ, j’ai mis plusieurs jours pour éviter de m’échouer sur les côtes canadiennes et arriver à partir au large. Plus tard, j’ai affronté une tempête tropicale. Là, le bateau s’est retourné. J’ai passé plusieurs heures en maillot de bain avec toutes les déferlantes qui s’abattaient. Par miracle, j’ai fini par le redresser. Mais je n’avais plus de téléphone satellite, plus possibilité de communiquer avec la terre. C’était la pure liberté mais c’était dur de ne plus
donner de nouvelles. J’ai réussi à en transmettre grâce à un cargo, deux mois plus tard. J’ai perdu 14 kg, le dessalinisateur ne fonctionnait plus, c’était vraiment dur. Mon périple s’est achevé à Brest au terme de cet aller-retour de 181 jours de mer. »

10 choses pour en savoir plus sur Guirec Soudée

1. Il a connu 17 écoles
2. Il partait seul en mer à 7 ans
3. Eugène Riguidel, le modèle est devenu parrain du bateau
4. Il a fait des dizaines de « petits boulots »
5. Il est resté bloqué 130 jours dans les glaces du Groenland
6. Il a été envoyé en prison
7. La peur ne l’effraie pas
8. Il a offert à Monique une retraite « bien méritée »
9. Il a impressionné ses compères de course au large
10. Il savoure les sensations à bord de son IMOCA

Aujourd’hui Guirec démarre une nouvelle aventure ambitieuse : participer aux courses au large les plus prestigieuses et médiatisées au monde. C’est ce qu’il fait maintenant à bord de freelance.com. Dans des compétitions comme la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, la Transat Jacques Vabre en 2023, The Transat CIC en 2024 avec en ligne de mire l’Everest des mers : la prochaine édition du Vendée Globe en 2024/25.

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