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Les clés du management éthique avec Isabelle Barth

Alors que la RSE s’impose dans les entreprises, la question de l’éthique devient elle-aussi centrale. Elle se manifeste dans les valeurs, mais aussi dans les pratiques quotidiennes. A une époque marquée par les phénomènes de burn-out, de grande démission, de turn-over et de défiance vis-à-vis de l’entreprise, la mise en place d’un management éthique semble incontournable.
Qu’est-ce que le management éthique ? Pourquoi, et comment introduire de l’éthique dans son management ? Ce sont les questions auxquelles a répondu Isabelle Barth, chercheuse et professeure des universités, lors de la dernière interview Work 3.0 de freelance.com.

Management éthique : de quoi s’agit-il ?

L’éthique, définie comme « la partie de la philosophie qui envisage les fondements de la morale » et comme « l’ensemble des principes moraux à la base de la conduite de quelqu’un » (définition extraite du Larousse), est une discipline qui existe depuis toujours. L’association de l’éthique au management a pour son part émergé dans les années 1950/1960 avec la notion de responsabilité.
Isabelle Barth, qui a elle-même beaucoup managé dans son parcours professionnel, est aujourd’hui chercheuse et professeure des universités spécialisée dans le management. Pour elle qui se définit comme ‘dealer de connaissances’ autour du management, le management éthique consiste « à manager sans abîmer les gens, ni la planète. Ce qui est simple à dire mais très compliqué à mettre en oeuvre ».
Ainsi le management éthique est-il complémentaire de la responsabilité qui se situe au coeur de la RSE. Pour Isabelle Barth, les deux notions sont toutefois à distinguer : la responsabilité concerne la planète et l’environnement — avec des problématiques de recyclage, de surconsommation et de surproduction, par exemple —, quand l’éthique s’applique davantage à l’individu. « Le management éthique se demande comment manager. Comment, par exemple, motiver sans harceler, sans abîmer, ou sans provoquer le désengagement, c’est-à-dire comment manager en évitant les dérives auxquelles de nombreuses entreprises sont aujourd’hui confrontées ? »

Le management éthique : une évolution nécessaire du management

L’intégration d’une dimension éthique aux pratiques de management apparaît aujourd’hui comme une nécessité. Et ce pour des raisons qui concernent autant les collaborateurs, que les managers et l’entreprise.
Du côté des collaborateurs, on observe depuis plusieurs années un essor du mal-être et de la souffrance au travail. En plus du distanciel « qui a causé une grande désespérance chez les collaborateurs et les managers », s’ajoutent le doute et le manque de confiance, qui provoquent démotivation, désengagement et perte de sens.
Du côté des entreprises, cela se traduit par une plus grande difficulté à recruter, à motiver et à fidéliser les collaborateurs. Selon Isabelle Barth, trois grands sujets gravitent autour de la question du management éthique. D’une part, l’attractivité, nécessaire pour l’acquisition des talents. « Or pour être aimé, il faut être aimable ». Deuxième sujet : la fidélisation, qui passe par la motivation et l’alignement des valeurs. Enfin, le sujet du off-boarding, souvent négligé.

Comment instaurer un management éthique ?

Selon Isabelle Barth, l’éthique du management n’est ni lié à la taille de l’entreprise, ni au secteur d’activité. Elle repose sur des postures, des valeurs, des choix et des compétences.
L’entreprise doit notamment savoir créer un lien de confiance. « Le cercle de la confiance permet de donner confiance dans l’avenir, confiance dans l’entreprise (par l’alignement sur les valeurs), confiance dans les autres, et confiance en soi. Beaucoup de salariés et de managers manquent de confiance en eux car ils ont été maltraités. La petite machine au doute et à la démotivation est terrible : le cercle vertueux devient alors un cercle délétère. »
Autre pré-requis : s’assurer que les postes de management sont attribués à des personnes qui détiennent les skills nécessaires. « On ne forme pas les gens au management. Encore et toujours, les postes de management sont attribués aux meilleurs experts. Or, le management nécessite de détenir des soft skills, mais aussi des hard skills spécifiques, que beaucoup de managers n’ont pas. »
Pour Isabelle Barth, le management éthique implique également l’adoption de bonnes pratiques par le manager. « Pour pratiquer un management éthique, il faut savoir faire preuve de réflexivité : c’est la capacité à se regarder faire, et à voir si on agit bien. Il faut aussi savoir évaluer sa propre capacité à s’excuser, à réparer et à tirer des enseignements de ses erreurs. Le deuxième principe est celui de la loyauté. En tant que manager, on se trouve toujours face à des dilemmes ; c’est-à-dire face à des situations qui imposent des décisions dont aucune n’est la bonne. Dans ce cas, le manager doit se demander s’il est loyal à l’entreprise, ou loyal à sa carrière. »
Enfin, la mise en place d’un management éthique repose sur des choix effectués au niveau de la stratégie d’entreprise. « L’arbitrage, la gouvernance — qui définit les bonnes pratiques — et l’exemplarité — qui favorise l’alignement sur les valeurs — sont essentiels pour réussir à mettre en place un management éthique », conclut la professeure.

En tant que Responsable Marketing Digtal & Communication au sein du Groupe Freelance.com, je me suis passionné par le monde du travail avec notamment le bien-être au travail, la stratégie digitale des entreprises ou encore la communication.

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