Plus de femmes dans la tech, cela changerait quoi ?

Publié le Wednesday, October 27, 2021 et Animé par PPC

Un Meet-Up militant un tantinet provocant sur le thème « Plus de femmes dans la tech, cela changerait quoi ? »,

Commençons par les punchlines de nos Change Makers pour répondre à cette question :

Caroline Ramade : « Cette image du geek a été intégrée, ce qui a conduit à 15% de femmes dans la tech en moins de quinze ans. Dégenrons la tech ! »

Marie-Christine Levet : « 85% des métiers de 2050 seront digitaux. Les femmes doivent les prendre. »

Axel Dauchez : « la vie en entreprise est riche à partir du moment où il y a des interactions, où il y a des points de vue différents. C’est la diversité au sens large ».

Guy Mamou-Mani :  « Le numérique est en train de créer un nouveau monde. On ne peut pas le faire qu’avec 50% de la population. »

Retrouvez le replay de notre deuxième Meet-Up sur les femmes dans la tech

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Caroline Ramade a dirigé l’incubateur Willa By Paris Pionnières, pour accompagner des start-uppeuses. Aujourd’hui, avec 50intech, elle se bat pour la parité dans la tech.

Pour elle « Plus de femmes dans la tech, ça changerait tout ». Caroline pointe le problème d’inclusion : « Je pense que la tech aujourd’hui est non inclusive, avec des problématiques de discriminations et de toxicité. Une femme sur deux qui a fait le pas d’aller dans la tech quitte la tech après huit ans d’expérience. Il faut retenir ce type de personnes. Si on veut de l’égalité, il faut que les boites aujourd’hui prennent leurs responsabilités. Il faut que les écoles prennent leurs responsabilités et ensuite, on verra une réaction en cascade. Quand il y aura des mères ingénieurs, il y aura des jeunes filles ingénieurs. ».

Caroline met l’accent sur ces rôles-modèles, ces « figures » de la tech qui doivent être moins masculines : « Le rôle model, c’est très, très puissant. Cette image du geek a été intégrée, ce qui a conduit à 15% de femmes dans la tech en moins de quinze ans. Je n’irais pas décrire le codage comme un métier féminin, mais comment le décrire tout simplement comme une opportunité incroyable de faire des trucs super cool. Il faut dégenrer la tech : ce n’est ni un métier d’hommes, ni un métier de femmes, c’est un métier pour tous. »

 

Marie-Christine Levet : depuis plus de 25 ans, elle est au cœur de l’écosystème French Tech, à des postes de CEO d’entreprises de tech et de media, de partner dans des fonds d’entrepreneurs, de board member de start-ups et de grandes entreprises. En 2017, elle a lancé Educapital, le premier fond européen dédié à la Edtech.

Sa vision est projective : « 85% des métiers de 2050 seront digitaux. Les femmes doivent les prendre. ». Mais elle s’inscrit aussi dans une vision pragmatique : « 50% des femmes sont utilisatrices des produits technologiques dont il faut qu’elles puissent les concevoir. Ça changerait la société. On ferait des produits qui s’adressent à tout le monde et ça changerait aussi la vie des femmes. » Naturellement, Marie-Christine encourage aussi les femmes à entreprendre : « Le point fondamental, c’est qu’il n’y a pas assez de femmes qui créent des entreprises. Aujourd’hui, dans tous les projets que l’on reçoit, moins de 15% sont portés par des femmes ou par des équipes avec des femmes fondatrices. Chez nous, nous avons réussi à être à 35% de nos investissements contre dix en moyenne dans les fonds d’investissement. Parce qu’on est des deux femmes à la tête d’un fonds, ce qui est très rare. On a sûrement moins de biais, quand les gens viennent nous présenter un projet. »

 

Axel Dauchez : serial entrepreneur et ex CEO de deezer, de Publicis France, de Vivatech, il a fondé en 2015 le site Make.org pour mobilier l’intelligence collective des citoyens. Pour Axel, plus de femmes dans la tech, cela changerait la vie des femmes, tout simplement.

C’est un sujet d’inégalité professionnelle, « pas forcément celle du salaire, mais celle de l’accès aux postes. » C’est aussi un sujet d’innovation et de cohésion d’équipe : « la vie en entreprise, c’est une petite vraie vie, et elle est riche à partir du moment où il y a des interactions, où il y a des points de vue différents. C’est la diversité au sens large. Elle peut être culturelle, elle peut être ethnique, elle peut être linguistique, il n’y a aucun doute sur le fait que la diversité crée quelque chose. Elle est absolument fondamentale. Les femmes ont quelque chose à apporter sur le produit, sur l’expérience, pour éviter les erreurs monumentales qu’on a tous en tête. ».

Axel aborde également l’enjeu de l’éducation sur le temps long : « Il se trouve que on a produit une série de dessin animé « Chouette / pas chouette » pour les quatre/six ans qui déconstruit tous les stéréotypes sexistes. C’est hyper bien fait, c’est un carton d’audience. Et en plus, tout le monde adore les garçons comme les filles. Tout le monde s’y retrouve. »

 

Guy Mamou-Mani :  co-président d’Open et ex-président du Syntec Numérique. Donner plus de place aux femmes dans la tech est l’un de ses chevaux de bataille, notamment via son action au sein de l’association #JamaisSansElle. « Le numérique est en train de créer un nouveau monde. L’intelligence artificielle va être l’outil de la création de ce nouveau monde. On ne peut pas le faire qu’avec 50% de la population. Si les femmes ne s’impliquent pas, nous allons y retrouver tous les défauts de l’ancien monde. »

Guy insiste également sur l’éduction : « Il faut que nous soyons prêts à cette révolution et il faut qu’on comprenne bien que la formation numérique ne concerne pas que des métiers du numérique, comme l’a très bien dit Marie-Christine. Bientôt, tous les métiers seront concernés. Donc, il est absolument impératif que l’on forme tout le monde pour nous retrouver, j’espère, dans quelques années, dans un monde qui plus équilibré, plus juste, plus serein. »

Lui aussi souligne l’importance des rôles-modèles : « Nous avons besoin de mettre en visibilité les femmes pour leur permettre de générer l’envie auprès des jeunes, ce qui est exactement l’objet de de l’association #JamaisSansElles. Moi, je ne vais pas à une table ronde s’’il n’y a pas au moins une femme, parce que tout simplement, si chaque fois qu’une jeune fille qui va avoir le bac voit une table ronde sur le numérique avec que des hommes, elle se dit « c’est pas pour moi». ».

Egalité salariale, quotas, opportunités de réorientation vers les métiers du numérique.

Franck Chabert

Franck est directeur de la communication corporate du groupe Freelance.com.

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